Tout savoir sur la SARL familiale en 2026
Véhicule d'optimisation patrimoniale, la SARL de famille permet aux entrepreneurs et investisseurs d'éviter la double imposition de l'IS. Grâce à la transparence fiscale, elle offre un cadre unique pour imputer les déficits et sécuriser les plus-values de cession, tout en facilitant la transmission intrafamiliale.

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Qu'est-ce qu'une SARL de famille ?
La SARL de famille n'est pas une forme juridique distincte, mais une option fiscale spécifique applicable à une SARL classique (Société à Responsabilité Limitée). Elle permet, sous conditions strictes, de déroger à l'imposition de droit commun pour soumettre les bénéfices directement à l'Impôt sur le Revenu (IR) entre les mains des associés. Ceci en fait un outil de choix en matière de gestion patrimoniale professionnelle.
Définition et fonctionnement de l'option fiscale
Régie par l'article 239 bis AA du Code Général des Impôts (CGI), cette option instaure une transparence fiscale. La société ne paye pas d'impôt en son nom propre. Le résultat est appréhendé fiscalement par chaque associé, à hauteur de sa quote-part dans le capital social. Cette mécanique s'oppose au principe de "l'écran fiscal" de l'IS, où la société est taxée sur ses bénéfices avant toute distribution de dividendes. Pour activer ce régime, l'accord de l'unanimité des associés est requis lors de la constitution ou par vote en assemblée générale.
Cas pratique : une SARL de famille détenue à parts égales (50/50) par deux frères génère un bénéfice annuel de 40 000 €. La société ne paie aucun impôt. Chaque frère intègre directement 20 000 € dans sa déclaration de revenus personnelle (catégorie BIC), montant qui sera taxé selon sa tranche marginale d'imposition (TMI) respective.
Qui peut s'associer : les règles de parenté
Le caractère "familial" est interprété restrictivement par l'administration fiscale. Pour être éligible, l'actionnariat de la SARL doit être exclusivement composé de personnes unies par des liens de parenté directs ou collatéraux proches :
- Parents en ligne directe (enfants, parents, grands-parents).
- Frères et sœurs.
- Conjoints ou partenaires liés par un PACS.
L'entrée au capital d'un tiers, même minoritaire (cousin, oncle, ami), entraîne la caducité immédiate de l'option et le basculement irréversible vers l'Impôt sur les Sociétés.
Quelles sont les activités autorisées ?
La nature de l'activité constitue le second filtre d'éligibilité. La SARL familiale est réservée aux activités industrielles, commerciales, artisanales ou agricoles. Sont donc formellement exclues les activités libérales (juridiques, médicales, architecturales) et les activités civiles pures (gestion de patrimoine immobilier nu). Si la société exerce une activité mixte, la partie civile doit rester accessoire pour ne pas remettre en cause le régime.
Quels sont les avantages d'une SARL familiale ?
L'option pour ce régime permet d'aligner la fiscalité de l'entreprise sur la fiscalité personnelle des associés, offrant des leviers d'optimisation tant en phase d'amorçage qu'en phase de cession.

Éviter la double imposition des bénéfices
Dans une société soumise à l'IS, les bénéfices subissent une double friction fiscale : une première taxation au niveau de la société (taux normal de 25% ou réduit de 15%), puis une seconde lors de la distribution aux associés (Flat Tax de 30% ou barème progressif). Avec la SARL de famille, cette double peine est supprimée. Le bénéfice n'est taxé qu'une seule fois au niveau de l'associé, selon son taux marginal d'imposition (TMI). Ce mécanisme est particulièrement pertinent lorsque les associés sont non imposables ou situés dans des tranches basses.
Déduire les pertes du revenu global
C'est un atout majeur pour les projets en phase de démarrage ou de restructuration. Si la société réalise des pertes, celles-ci ne sont pas "stockées" dans la société (report à nouveau) mais remontent immédiatement aux associés. Chaque associé peut alors imputer sa quote-part de déficit sur son revenu global (salaires, pensions, autres revenus), diminuant ainsi mécaniquement son impôt personnel.
Illustration : un cadre dirigeant avec un salaire confortable (TMI à 41%) lance une activité commerciale secondaire en SARL de famille. La première année, la société enregistre un déficit de 20 000 € dû aux investissements. L'associé peut déduire ces 20 000 € de son revenu global, réalisant ainsi une économie d'impôt immédiate de 8 200 € (20 000 x 41%).
Profiter du régime des plus-values des particuliers
Lors de la cession des parts ou de la vente d'un actif immobilier détenu par la société, le régime applicable est celui des plus-values des particuliers (et non des plus-values professionnelles). Ce régime permet de bénéficier d'abattements pour durée de détention, aboutissant à une exonération totale de l'impôt sur la plus-value après 22 ans de détention (et 30 ans pour les prélèvements sociaux).
Comparaison : en cas de revente d'un local commercial détenu depuis 23 ans, la plus-value est totalement exonérée d'impôt sur le revenu en SARL de famille. En SARL classique (IS), la plus-value serait calculée en réintégrant tous les amortissements pratiqués, gonflant artificiellement la base taxable, souvent taxée à 25%.
Une structure pensée pour la transmission familiale
La SARL familiale facilite la transmission progressive du patrimoine professionnel. En combinant le démembrement de propriété (donation de la nue-propriété aux enfants avec réserve d'usufruit) et les abattements sur les donations (100 000 € par parent et par enfant tous les 15 ans), il est possible d'organiser une succession à moindre coût fiscal tout en conservant le contrôle de la gestion.
Par ailleurs, la détention de parts dans une SARL de famille exerçant une activité opérationnelle ouvre l'accès au pacte Dutreil, qui exonère de 75% les droits de mutation à titre gratuit (DMTG) lors d'une donation ou d'une succession. La loi de finances pour 2026 a durci le dispositif. Pour les transmissions réalisées à compter du 21 février 2026, l'engagement individuel de conservation des titres passe de 4 à 6 ans, portant la durée totale d'engagement à 8 ans (2 ans d'engagement collectif, puis 6 ans à titre individuel). Les biens non affectés à l'activité (résidences, véhicules de loisirs, objets d'art) sont désormais exclus de l'assiette exonérée.
Une limite structurante doit toutefois être anticipée. Le régime reste réservé aux activités commerciales, industrielles, artisanales ou agricoles : la location meublée, assimilée à de la gestion de patrimoine, en est exclue. Une SARL de famille dédiée à la seule activité de loueur en meublé ne peut donc pas transmettre ses parts sous ce régime. Le cumul du pacte Dutreil et des atouts de la SARL de famille ne joue que lorsque la société porte une véritable activité d'exploitation.
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SARL classique vs SARL de famille : quelles différences ?
Bien que partageant le même cadre juridique (responsabilité limitée aux apports, fonctionnement statutaire), la distinction fiscale entraîne des conséquences opérationnelles majeures.
Une option fiscale sans limite de temps
Une SARL classique (non familiale) peut opter pour l'IR, mais cette option est temporaire, limitée à 5 exercices. La SARL de famille fait exception à cette règle : l'option pour l'IR est valable sans limitation de durée, tant que les conditions de parenté et d'activité sont respectées.
Le statut social du gérant et ses cotisations
Dans une SARL de famille, le gérant majoritaire relève, comme en SARL classique, du régime des Travailleurs Non Salariés (TNS). Cependant, la base de calcul des cotisations sociales diffère. Dans la SARL familiale à l'IR, les cotisations sont calculées sur la quote-part de bénéfice revenant au gérant, et non sur sa seule rémunération prélevée. Si la société réalise un fort bénéfice, les charges sociales (environ 40-45%) s'appliqueront sur l'ensemble de ce résultat, même s'il n'est pas distribué en trésorerie. C'est un point de vigilance comptable absolu.
Tableau comparatif : impôt sur le revenu ou impôt société ?
Cas particulier : la SARL de famille immobilière
Si l'activité de gestion de patrimoine nu (location vide) est interdite en SARL de famille, la location meublée (LMNP/LMP) est considérée fiscalement comme une activité commerciale, donc éligible.
Pourquoi choisir la SARL de famille pour louer en meublé ?
C'est souvent l'alternative privilégiée à la SCI pour l'investissement locatif meublé. La SCI bascule obligatoirement à l'IS dès qu'elle pratique la location meublée (sauf tolérance marginale), ce qui enferme l'investisseur dans une fiscalité des plus-values défavorable. La SARL de famille permet d'exercer cette activité commerciale (location meublée) tout en restant à l'IR. Elle permet ainsi de pratiquer des amortissements comptables pour neutraliser l'imposition des revenus locatifs, tout en bénéficiant de l'exonération progressive de la plus-value à la revente.
Exemple chiffré : une SARL de famille acquiert un appartement pour le louer en meublé. Les loyers annuels sont de 15 000 €. Grâce à la déduction des charges réelles (taxe foncière, intérêts d'emprunt) et à l'amortissement comptable de l'immeuble, le résultat fiscal tombe à 0 €. Les associés perçoivent des revenus nets (cash-flow) sans payer d'impôt immédiat, tout en "prenant date" pour l'exonération de la plus-value immobilière.
L'adoption du statut de SARL de famille ne doit pas être un réflexe, mais le fruit d'une analyse chiffrée intégrant la situation fiscale de chaque associé et les perspectives de cession à moyen terme. Si la transparence fiscale est un accélérateur de rentabilité en phase de constitution de patrimoine ou de déficit, elle peut devenir pénalisante en cas de forte rentabilité immédiate sans besoin de trésorerie, en raison de la pression des charges sociales sur la totalité du résultat.
Foire aux questions
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- Le principe : la SARL de famille n'est pas une forme juridique, mais une option fiscale (article 239 bis AA du CGI). Elle permet une imposition à l'impôt sur le revenu plutôt qu'à l'impôt sur les sociétés.
- Les conditions : un actionnariat strictement familial (parents, enfants, fratrie, conjoints) et une activité commerciale, industrielle, artisanale ou agricole. L'entrée d'un tiers annule l'option définitivement.
- L'avantage central : la fin de la double imposition. Les bénéfices sont taxés une seule fois, directement chez l'associé selon son taux marginal.
- Les autres atouts : imputation des déficits sur le revenu global, abattements sur les plus-values (exonération après 22 ans) et transmission familiale facilitée.
- Le cas d'usage phare : la location meublée (LMNP/LMP), qui reste à l'IR via cette structure, contrairement à la SCI.




Oui, si la SARL respecte les conditions de parenté (associés de la même famille) et d'activité. L'option doit être signée par tous les associés et notifiée au service des impôts avant l'ouverture de l'exercice concerné.
La SCI est adaptée à la location nue (revenus fonciers). Pour la location meublée, la SCI bascule à l'IS, alors que la SARL de famille permet de faire du meublé tout en restant à l'IR, profitant ainsi du régime des plus-values des particuliers.
L'entrée d'un tiers non parent entraîne la perte automatique du régime de famille. La société bascule alors irrévocablement à l'Impôt sur les Sociétés (IS) à compter de l'exercice en cours.
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